L’être humain a besoin d’un cadre d’orientation et d’un objet de dévotion. Ce cadre et cet objet forment un tout en soi et peuvent prendre le nom de “religion”. Par religion, nous ne nous référons pas nécessairement à un concept de Dieu. Bien plutôt, par ce terme, nous nous référons “à n’importe quel système de pensée et d’action commun à un groupe, qui offre aux individus un cadre d’orientation et un objet de dévotion… Ainsi, notre attitude religieuse peut être considérée comme un aspect de notre structure de caractère, car nous sommes ce à quoi nous nous vouons et c’est ce à quoi nous nous vouons qui motive notre conduite.” (E. Fromm, dans Avoir ou être).

Dans le même ordre d’idée, la spiritualité telle que nous l’entendons touche à une croyance selon laquelle il y a quelque chose de supérieur aux perceptions ; quelque chose qui englobe le tout et qui est le tout. La spiritualité est religion dans le sens où elle offre un but vers quoi tendre et un cadre d’orientation. En ce sens, la spiritualité est l’antithèse du matérialisme relativiste et vulgaire du capitalisme, l’antithèse de cette croyance selon laquelle l’unique but de l’existence serait le profit et la jouissance. La spiritualité est ce qui donne sens à l’existence; un sens qui dépasse la dualité entre vie et mort.

Ici, nous souhaitons faire part du manifeste spirituel du réseau, notre prière en quelque sorte. Ce manifeste a pour objectif de montrer que les enjeux du deuxième millénaire sont de l’ordre de la totalité. Autrement dit, c’est uniquement en tant qu’humanité que nous pourrons appréhender ces enjeux. Cela signifie qu’il nous faut perdre, progressivement, les notions de Nations et de diversité culturelle pour aller vers ce qu’on est en tant que tout, c’est-à-dire en tant qu’humanité.

Voici notre prière :

L’Un n’est que totalité

Le multiple qui est rendu possible par la conscience
est une pathologie de l’expérience de vie

Ainsi l’Un n’est que néant

Mais, soyons-en sûrs, ce paradoxe n’est qu’apparence

Car, en vérité, répétons-le :

Un est le tout

Par lui le tout et vers lui retourne le tout

Et si l’Un ne contient pas le tout, le tout n’est rien