Le quatrième pilier est celui de la conscience écologique. En comparaison des autres, ce pilier ne constitue pas un objectif en soi. Il est une donnée de conscience qui est incluse dans l’esprit du modèle alternatif que nous proposons. Autrement dit, en passant d’un modèle économique axé sur la production et la consommation à un modèle citoyen axé sur la conscience et le bonheur en tant qu’harmonie, la question écologique se trouve résolue. Cela dit, il nous faut être au clair sur le fait qu’aujourd’hui l’argument écologique est le plus fort que l’on peut mettre en avant. Il est le plus fort, car il est le plus urgent et le plus objectif pour s’attaquer à l’économie capitaliste.

L’économie capitaliste fonctionne sur la croissance, la production et la consommation. La publicité et toutes ces stratégies de manipulation et de stimulation du désir ont leur raison dans la sauvegarde de la mécanique capitaliste. Cette mécanique – dont nous sommes totalement dépendants à plusieurs niveaux dans nos vies sociales – entre en conflit frontal avec la réalité des ressources naturelles. En effet, il faut voir le capitalisme comme quelque chose de pas tout à fait réel, dans le sens où son lieu se trouve dans l’imaginaire, dans un espace où les ressources seraient illimitées et où la croissance ne trouverait pas de limite.

La démographie actuelle et en prévision additionnée au modèle qu’on a aujourd’hui ne permet pas de maintenir ce rêve (rêve qui est, pour beaucoup, un cauchemar). Le schéma ci-dessous présente le concept d’anthropocène. Il montre la grande accélération des données en lien avec l’augmentation de la population et la colonisation mondiale de la logique capitaliste :


Ce deuxième schéma complète le premier et montre la limite à la croissance :

“En vue d’atteindre l’objectif de température à long terme énoncée à l’article 2, les Parties cherchent à parvenir au plafonnement mondial des émissions de gaz à effet de serre (GES) dans les meilleurs délais, étant entendu que le plafonnement prendra davantage de temps pour les pays en développement et à opérer des réductions rapidement par la suite conformément aux meilleures données scientifiques disponibles de façon à parvenir à un équilibre entre les émissions anthropiques par les sources et les absorptions anthropiques par les puits de gaz à effet de serre au cours de la deuxième moitié du siècle, sur la base de l’équité, et dans le contexte du développement durable et de la lutte contre la pauvreté.”

Ce passage de l’article 4 (2.3.1) de L’Accord de Paris – adoptée par la 21e Conférence des Parties (COP21) en vertu de la Convention Cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) le 12 Décembre – montre que la gravité de la situation n’a pas été bien comprise. Il ne suffit pas de plafonner, il faut faire des changements structurels au sein de la logique capitaliste basée sur la croissance.