
Chère, cher,
Nous espérons que tu vas bien… Cette année, consciences-citoYennes a fait le choix difficile de ne pas présenter de candidat·e·s aux élections. L’effectif humain dont nous disposons actuellement ne nous permet pas de porter une liste à la hauteur de nos exigences et de nos convictions. Nous le regrettons sincèrement. Ce choix n’est pas un renoncement, mais un constat lucide. Nous espérons pouvoir rassembler davantage de forces dans les prochains mois et élargir notre mouvement afin d’être en mesure, à l’avenir, de défendre plus directement nos idées dans les urnes.
Comme lors de notre précédente communication, nous te proposons ici une série de billets :
- BILLET 1 : Recommandations à l’élection complémentaire au Conseil d’Etat & Election communales
- BILLET 2 : Recommandations aux votations fédérales du 8 mars
- BILLET 3 : L’éducation de nos enfants
- BILLET 4 : Le système méritocratique cache une inégalité structurelle d’accès au mérite
- BILLET 5 : La Catastrophe de Crans-Montana et la question de la justice
- BILLET 7 : Les crimes de la police de l’immigration aux Etats-Unis
- BILLET 8 : Des individus malades
- BILLET 9 : L’ingérence des Etats-Unis dans la politique des pays d’Amérique du Sud
BILLET 1. ÉLECTION COMPLÉMENTAIRE AU CONSEIL D’ÉTAT & ÉLECTIONS COMMUNALES
Pour ces deux échéances, Consciences-citoYennes se rallie au mouvement Ensemble à gauche et soutient, pour le Conseil d’État, sa candidate, Agathe Raboud Sidorenko. En cas de second tour sans sa présence, nous appellerons à soutenir Roger Nordmann. Avec les Verts, Ensemble à gauche représente aujourd’hui le mieux les idées que nous portons. Le Parti socialiste, pour sa part, nous paraît trop centriste – autrement dit trop conservateur dans sa stratégie – pour engager les transformations de fond qui s’imposent. Nous formulons toutefois une réserve importante : la politique principalement sociale ou écologique défendue par Ensemble à gauche et par les Verts demeure largement inscrite dans le cadre du système économique actuel. Or celui-ci repose structurellement sur la production et la consommation — donc sur le conditionnement économique permanent des individus. Si la production et la consommation diminuent – comme ces mouvements, et le nôtre, le souhaitent – sans transformation profonde des règles du jeu, les difficultés sociales et économiques risquent de s’aggraver. On ne change pas un système en corrigeant ses effets ; il faut en transformer les fondements.
Consciences-citoYennes appelle donc les élu·e·s de ces partis à ouvrir une réflexion de fond et à engager des actions véritablement structurelles sur le modèle socio-économique. À défaut, le risque d’une forte insatisfaction populaire en fin de législature est réel. Est-ce que les représentants élus de ces partis auront le courage de leurs idées ? S’ils sont minoritaires, pourrons-ils porter ces réflexions de fond et les actions y relatives ?
BILLET 2. VOTATIONS FÉDÉRALES DU 8 MARS
C’est, une fois encore, à reculons que nous formulons des recommandations. À nos yeux, les priorités politiques ne se situent pas dans les objets soumis au vote. Ces votations illustrent un déni de conscience que nous dénonçons régulièrement : un refus d’affronter les enjeux systémiques qui déterminent pourtant l’ensemble des politiques publiques.
BLANC à l’initiative populaire pour l’argent liquide
Dans une société citoyenne, l’argent n’occupe pas une place centrale. Il y est conçu comme un outil d’échange, au service des relations humaines, et non comme un instrument permettant l’enrichissement des uns aux dépens des autres. À l’inverse, dans nos sociétés occidentales contemporaines, l’argent a acquis un statut quasi structurant. Il ne se contente plus de faciliter les échanges : il organise les rapports sociaux, hiérarchise les existences et oriente les décisions politiques. À ce titre, il constitue une cause systémique d’une grande partie des maux et du cynisme que chacune et chacun reconnaît aisément chez autrui — mais plus difficilement en soi. L’argent ne circule pas seulement entre nous : il nous façonne. Il modèle nos priorités, nos peurs, nos ambitions et nos compromis. Et c’est précisément pour cette raison qu’il devrait susciter une prise de conscience — et, au-delà, une révolte collective. Par ailleurs, le fait de payer en liquide constitue un acte politique. C’est un acte de résistance contre le paiement par carte ou par téléphone auquel nous pousse le système pour pouvoir tracer nos paiements et récolter nos données.
NON à l’initiative populaire « 200frs, ça suffit »
Dans une société citoyenne, les médias sont au service d’un projet commun de société et des valeurs qui le fondent. Leur rôle n’est pas de répondre prioritairement aux intérêts économiques de ceux qui financent la publicité, mais d’éclairer le débat public et de renforcer la cohésion sociale. Or, aujourd’hui, une partie des médias dépend fortement des grandes entreprises qui les financent. Dire oui à cette initiative reviendrait à accentuer cette logique et à accélérer la privatisation de l’espace médiatique. Ce serait faire des médias les vecteurs toujours plus explicites de l’idéologie des plus riches. Les médias actuels ne sont pas exempts d’aliénation ; ils subissent déjà la pression des logiques de marché. Mais une privatisation accrue renforcerait encore cette dépendance et réduirait davantage leur capacité à servir l’intérêt général. Ce qui manque aujourd’hui aux médias — comme à de nombreuses institutions — ce n’est pas la concurrence, mais une ligne directrice commune orientée vers l’harmonie sociale et la responsabilité écologique. À l’heure actuelle, cette ligne est largement dictée par des critères économiques. Or ceux-ci ne répondent ni aux exigences de cohésion sociale ni aux défis environnementaux qui s’imposent à nous. En outre, cette initiative de l’extrême-droite a pour but d’affaiblir le service public qui est un rempart face aux médias et plateformes possédés par des milliardaires, comme Blocher en Suisse, Bolloré en France ou encore Jeff Bezos, Elon Musk et Mark Zuckerberg aux Etats-Unis.
Vidéo de Rage Kit : https://www.youtube.com/watch?v=FaB_NeCTCR4
OUI à l’initiative populaire pour un fond climat
Dans une société citoyenne, l’écologie n’est pas un domaine parmi d’autres : elle est notre propre corps élargi. Elle n’est pas une « matière » que l’on traite à côté de l’économie ou de la politique ; elle est la condition même de toute vie sociale. De la même manière que nous protégeons notre corps et celui des autres, nous devons défendre le monde que nous buvons, que nous mangeons, que nous respirons, que nous voyons et que nous sentons. Sans lui, nous ne sommes rien. Il ne s’agit pas d’un enjeu sectoriel, mais d’un impératif vital. Cela étant dit, des initiatives plus ambitieuses et plus structurelles auraient été préférables à celle-ci. En s’appuyant principalement sur des mécanismes financiers pour résoudre un problème de conscience collective, on risque de réduire une transformation éthique et culturelle à une simple question d’incitation économique. Or la transition écologique exige bien davantage qu’un ajustement monétaire : elle suppose un changement profond de nos représentations, de nos priorités et de notre rapport au vivant.
BLANC à la loi fédérale sur l’imposition individuelle
Dans une société citoyenne, l’imposition n’est pas perçue comme une contrainte extérieure, mais comme une participation intégrale au projet commun de société. Le travail devient un ouvrage, non une obligation subie, mais un engagement partagé en faveur de soi, en faveur de nous. En contrepartie de cette contribution collective, chaque citoyenne et chaque citoyen reçoit un revenu citoyen de base. Celui-ci ne constitue pas une assistance, mais la reconnaissance concrète de la participation de toutes et tous au bien commun. L’impôt cesse alors d’être un prélèvement vécu comme une perte ; il devient un mécanisme de redistribution au service d’une organisation solidaire, où la richesse produite collectivement revient à l’ensemble de la collectivité.
Consciences-citoYennes s’interroge : peut-on éduquer nos enfants autrement que sous le prisme de la performance et de l’individualisme, tels qu’imposés par l’idéologie capitaliste ? En voulant leur bien, pouvons-nous réellement nous permettre de leur transmettre d’autres valeurs ? Ou prenons-nous le risque de compromettre leur socialisation, c’est-à-dire leur capacité future à s’adapter à la société telle qu’elle est ?
Car il faut l’admettre : chaque fois que nous aidons nos enfants à faire leurs devoirs, chaque fois que nous les félicitons pour leurs bonnes notes, nous devenons les relais ordinaires de la logique que nous prétendons combattre — une logique de performance et de compétition qui ravage les écosystèmes qui nous font vivre. Cette conscience critique que l’on partage ici a pour but notamment d’inviter à un déplacement du regard : les comportements et les propos qui nous interrogent ou qui nous choquent ont une origine, une origine qu’on reproduit sans même le savoir.
Consciences-citoYennes s’interroge : peut-on éduquer nos enfants autrement que sous le prisme de la performance et de l’individualisme, tels qu’imposés par l’idéologie capitaliste ? En voulant leur bien, pouvons-nous réellement nous permettre de leur transmettre d’autres valeurs ? Ou prenons-nous le risque de compromettre leur socialisation, c’est-à-dire leur capacité future à s’adapter à la société telle qu’elle est ?
Car il faut l’admettre : chaque fois que nous aidons nos enfants à faire leurs devoirs, chaque fois que nous les félicitons pour leurs bonnes notes, nous devenons les relais ordinaires de la logique que nous prétendons combattre — une logique de performance et de compétition qui ravage les écosystèmes qui nous font vivre.
Cette conscience critique que l’on partage ici a pour but notamment d’inviter à un déplacement du regard : les comportements et les propos qui nous interrogent ou qui nous choquent ont une origine, une origine qu’on reproduit sans même le savoir.

BILLET 4. Le système méritocratique cache une inégalité structurelle d’accès au mérite
Cette image a de quoi interpeller. D’abord, par ce qu’elle montre directement, mais également par les questions qu’elle soulève :
Vivons-nous dans un système qui se présente comme méritocratique, tout en favorisant, de fait, certaines trajectoires plutôt que d’autres ? Si nous en avons conscience, comment ne pas faire le lien entre cette concurrence structurelle et la solitude qu’elle engendre, lorsque vivre avec l’autre cède la place au devoir de vivre contre lui ou, du moins, au détriment de lui ?
Oui, comment prétendre à la justice ou à l’harmonie sociale dans un cadre économique qui promeut de cette manière la concurrence intersubjective ?
Est-ce que la concurrence que l’on s’impose économiquement est favorable à notre idéal de société harmonieuse? En tant que travailleurs sociaux, nous accompagnons celles et ceux qui tombent, qui renoncent ou qui n’arrivent pas à « grimper » aussi haut. Mais, finalement, en cette période pré-électorale, ne faudrait-il pas, collectivement, repenser ce que nous poursuivons toutes et tous — le bonheur — plutôt que d’en faire une quête strictement individuelle ?
BILLET 5. La Catastrophe de Crans-Montana et la question de la justice
La catastrophe de Crans-Montana suscite une tristesse immense, à laquelle s’ajoute aujourd’hui une colère légitime. Les victimes, leurs proches et de nombreux observateurs dénoncent ce qui apparaît comme une collusion entre la commune, le canton et des intérêts privés.
Les rumeurs — avérées ou non — d’une gérante quittant les lieux avec la caisse ou d’un exploitant jouant au golf avec le responsable de la sécurité choquent. Mais ils sont surtout emblématiques d’un réflexe qui est de désigner des coupables extérieurs pour éviter de regarder ce que nous refusons de reconnaître collectivement.
Car lorsqu’on appelle à la justice, de quelle justice parle-t-on réellement ? Dans une société où l’État demeure structurellement dépendant de l’argent et de ses rapports de force, dans une société où nous acceptons au quotidien la logique qui naturalise la place centrale de l’économie dans l’organisation de nos vies collectives, peut-on vraiment s’étonner de telles collusions, de tels comportements ?
À l’image des dynamiques politiques incarnées par Trump, ne sommes-nous pas, une fois encore, renvoyé·es à notre condition de consommateur ? Or, tant que la consommation remplacera la collaboration responsable, il sera difficile d’appeler à la justice, à la conscience citoyenne ou à la vérité. Et les Trump, les collusions et les corruptions de toutes sortes continueront de prospérer en toute logique.
BILLET 6. Les prises de parole de Donald Trump
Les prises de parole récentes de Donald Trump ont provoqué l’indignation en Europe et bien au-delà. On le dit fou, on le dit fasciste. Ces qualificatifs rassurent : ils permettent d’y voir une anomalie, d’identifier un « méchant », et de se convaincre que l’on est du bon côté de l’histoire. Pourtant, Trump n’est ni une erreur ni une aberration. Il est l’expression la plus crue et la plus cohérente du système socio-économique qui l’a porté au pouvoir.
Dans un monde régi par l’argent et le rapport de force, son discours impérialiste et cynique n’a rien de surprenant. Le trumpisme ne déforme pas la réalité politique contemporaine : il la met à nu. Il rappelle brutalement une vérité que beaucoup préfèrent ignorer : la politique n’est plus qu’un instrument au service de l’économie et la démocratie un décor derrière lequel s’exerce le pouvoir réel.
Avec Trump, les masques tombent. Et ce qu’ils révèlent n’est pas seulement son visage, mais le nôtre — celui d’un système que nous tolérons, que nous reproduisons, et que nous refusons encore de nommer.
BILLET 7. Les crimes de la police de l’immigration aux Etats-Unis
Consciences-citoYennes est profondément consterné par l’actualité internationale. Face à la montée et à la brutalité des polices anti-immigration, il revient aux citoyennes et aux citoyens de faire front, de faire mur, et de défendre sans compromis notre humanité commune. Lorsqu’un migrant ou l’une de celles et ceux qui le défendent est assassiné par ces forces, ce n’est pas un fait divers : c’est une violence faite au peuple tout entier, une injustice qui porte en elle une raison légitime de soulèvement.
BILLET 8. Des individus malades
Peut-on vraiment s’étonner de voir des individus malades dans un système lui-même malade ? Ce n’est, au fond, qu’une conséquence logique. Non? La véritable question serait plutôt : comment se fait-il que certains ne le soient pas ? Et d’ailleurs, ces personnes existent-elles réellement?
BILLET 9. L’ingérence des Etats-Unis dans la politique des pays d’Amérique du Sud
Consciences-citoYennes dénonce fermement l’ingérence des États-Unis dans la politique des pays d’Amérique du Sud et, plus particulièrement, l’agression militaire menée contre le Venezuela. Si ce pays est effectivement marqué par une corruption profonde et possiblement alimentée par l’argent du trafic de drogue, cette réalité est loin d’être un cas isolé. Elle révèle avant tout les limites d’un modèle capitaliste imposé, incapable de répondre aux besoins de toutes les populations.
Face à la corruption et au narcotrafic, consciences-citoYennes appelle à une réflexion de fond sur les causes structurelles de ces fléaux, plutôt qu’à un terrorisme international déguisé en défense de la démocratie. L’attaque contre le Venezuela constitue un crime, une violation grave du droit international, et participe à son affaiblissement jusqu’à le rendre dénué de toute crédibilité.
Nous te remercions pour ton attention, ta fidélité, et t’adressons nos salutations citoYennes, Consciences-citoYennes.
Parti en faveur d’une insurrection des consciences et d’une transition citoyenne